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NON A L'INTERVENTION IMPERIALISTE EN YOUGOSLAVIE!
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Non à l'intervention impérialiste en Yougoslavie! A Bas tous les nationalismes et toutes les oppressions bourgeoises!
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Non à l'intervention impérialiste en Yougoslavie!
A Bas tous les nationalismes et toutes les oppressions bourgeoises!
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Prolétaires, camarades!

Les actions militaires perpétrées ces derniers jours par les pays de l'Alliance Atlantique, et dirigées par les Etats-Unis, contre la Yougoslavie, sont une guerre bourgeoise en vue d'un nouveau partage impérialiste du monde.

Les Etats-Unis, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie, etc., pays économiquement les plus puissants du monde et qui se font passer pour les plus «démocratiques», les plus respectueux des «droits de l'homme» et du «droit international» font la démonstration avec cette guerre contre la Yougoslavie qu'ils sont en réalité les plus agressifs chaque fois que dans quelque coin du globe un Etat ou une puissance quelconque ne se plie pas docilement à leurs intérêts «supérieurs».

Les super-démocrates américains, les sociaux-démocrates français, anglais, allemands, italiens (avec leurs alliés «pluriels»), se moquent bien du sort des populations du Kosovo, comme du sort des Kurdes ou des Palestiniens, des Bosniaques ou des Tutsi; ce qui les fait agir c'est la crainte que les troubles - que le système capitaliste mondial engendre dans le monde entier - aient des conséquences néfastes sur la réorganisation des influences politiques, économiques, militaires à laquelle s'emploient depuis des années les impérialismes les plus forts.

Les pressions et les avertissements à la Turquie n'ont pas arrêté la répression et les massacres des Kurdes, pas plus que la guerre contre l'Irak, de même que les pressions et les avertissements à Israël n'ont pas arrêté la répression et les massacres des Palestiniens. Les missions de l'ONU, les «forces d'interposition», les embargos, n'ont pas évité ni arrêté hier la guerre entre les différents Etats issus de l'éclatement de l'ancienne Yougoslavie. L'intervention militaire actuelle des bourgeoisies occidentales organisées dans l'OTAN contre la Serbie, les bombes sur Belgrade et Pristina, n'empêcheront pas la «purification ethnique» contre les Kosovars.

Les missions de l'ONU, des diverses ONG («Organisations Non Gouvernementales»), des organisations pacifistes et humanitaires, au delà des déclarations ou des intentions de leurs auteurs, n'ont jamais réellement permis d'éviter les actions répressives que la classe dominante bourgeoise dans tous les pays exerce contre les prolétaires, les masses déshéritées ou les minorités ethniques, quand elles n'ont pas préparé le terrain à des répressions et des massacres encore plus terribles. Ce sont les faits qui démontrent l'impuissance et le caractère illusoire de l'action humanitaire et du pacifisme.

Ce ne sont pas les bonnes intentions, les bons sentiments, mais la force qui est le facteur décisif sur tous les terrains et particulièrement sur le terrain des heurts d'intérêts. Quand les intérêts des Etats bourgeois sont en jeu, les affrontements commerciaux, financiers ou politiques se transforment inévitablement en guerre ouverte lorsqu'ils atteignent une certaine intensité. Et de même, quand ce sont les intérêts des classes qui se heurtent, quand la résistance du prolétariat à la bourgeoisie prend une certaine ampleur, elle doit se transformer en lutte révolutionnaire.

L'intervention militaire menée par les grandes puissances occidentales contre la Yougoslavie est la poursuite de la politique impérialiste qui était menée hier par les moyens «pacifiques» de la «diplomatie» et du «dialogue» - c'est-à-dire par la combinaison des pressions, du chantage et des menaces avec des récompenses de divers types (gains territoriaux, perspectives commerciales, corruption, etc.).

Les brigands américains forcent la main à leurs confrères européens en brigandage international (tous alliés aujourd'hui, mais pour combien de temps?) pour bien montrer que c'est Washington qui commande. Berlin, Londres, Paris, Rome et avec eux Madrid, Ottawa et Amsterdam se lancent dans la guerre... pour faire la paix! Tous se précipitent pour bombarder par vagues incessantes les «objectifs militaires» - avec les inévitables victimes civiles qu'occasionnent régulièrement ces prétendues «trappes chirurgicales» - en Serbie, au Monténégro et au Kosovo dans le but.., d'arrêter les massacres des populations du Kosovo et d' «obliger Milosevitch» à accepter le «plan de paix» que les grandes puissances ont mis au point entre elles! Et sila Chine et la Russie ont protesté, c'est parce qu'elles ont été tenues à l'écart de ces actions.

La réalité est là: le «nouvel ordre mondial» n'est qu'une suite continue d'actes de violence et de guerres inspirés ou réalisés par les divers impérialismes qui ont des intérêts politiques, économiques, stratégiques et militaires bien précis à défendre ou à imposer dans les diverses régions du monde, et qui ont à se préparer pour soutenir dans le temps et dans l'espace ces actions militaires. Aujourd'hui, après l'écroulement de l'URSS, après la disparition de la force économique et militaire soviétique, seuls les Etats-Unis ont la possibilité de réaliser des interventions militaires aux quatre coins du globe.

Mais ces derniers ont tout intérêt à faire participer leurs alliés aux interventions contre l'Irak ou la Yougoslavie, non seulement pour donner à ces agressions impérialistes la justification de croisades de la démocratie contre le totalitarisme, mais surtout pour accentuer leur domination militaire et politique sur des Etats qui sont leurs concurrents économiques.

Il y a 50 ans les Etats-Unis ont créé l'OTAN, officiellement pour protéger les pays d'Europe de l'Ouest, en fait pour maintenir sa prééminence militaires sur ces pays tandis que l'URSS faisait de même à l'Est -dans le cadre d'un condominium russo-américain sur le monde. La «menace soviétique» a disparu, mais les américains ne songent pas à dissoudre l'OTAN; au contraire non seulement ils l'élargissent en y accueillant d'anciens pays du bloc de l'Est, mais en outre cette alliance soi-disant «défensive» est maintenant promue au rôle de gendarme de l'Europe - afin de prévenir l'affirmation d'une force militaire autonome des impérialismes européens et surtout de réprimer tous ceux qui ne se plient pas à l'ordre impérialiste.

Prolétaires, camarades!

Les prolétaires ne doivent jamais rester indifférents face à l'oppression que la classe dominante inflige aux masses déshéritées ou aux minorités nationales. Ils doivent lutter contre toutes les formes d'oppression, sans attendre le crépitement des mitrailleuses ou le fracas des bombes pour élever la voix contre la bourgeoisie.

Le seul moyen réaliste et efficace pour mettre fin à l'oppression, à la répression, aux massacres et aux guerres perpétrés par les pouvoirs bourgeois à l'intérieur ou à l'extérieur des frontières nationales afin de conserver ou de renforcer sa domination est la lutte de classe prolétarienne anti-bourgeoise.

La lutte de classe menée de façon complètement indépendante de la politique, des

organisations et des méthodes du collaborationnisme interclassiste est la politique du prolétariat contre la bourgeoisie, et avant tout contre «sa» propre bourgeoisie. Lutter contre les opérations de police et les guerres de «sa» bourgeoisie contre d'autres pays ne signifie pas se solidariser avec des Etats et des bourgeois «bons», «humanitaires», «démocrates» et respectueux des «droits» contre d'autres «mauvais», «barbares», «totalitaires»; cela implique au contraire la rupture de toute solidarité avec des fractions de la bourgeoisie, la rupture de toute croyance en la «démocratie» - qui n'est autre que la forme politique de la collaboration de classes - et en ses institutions nationales (parlement, etc.) et internationales (ONU, etc.). Cela signifie pour les prolétaires organiser et utiliser ses forces pour la défense exclusive de ses intérêts de classe, qu'ils soient économiques, sociaux et politiques, dans l'usine comme en dehors, à l'intérieur des frontières nationales comme à l'échelle internationale.

Les prolétaires conscients de ces intérêts de classe ne soutiendront jamais une intervention militaire des pays impérialistes, quand bien même elle prétend avoir des objectifs humanitaires (!) et pacifiques (!). Ils se sont ainsi opposés aux interventions militaires perpétrées ces dernières années -au Liban, en Irak, en Afrique, en Yougoslavie - comme hier aux guerres coloniales ou aux guerres mondiales, parce que toutes ces interventions et ces guerres ont toujours été menées exclusivement pour des intérêts bourgeois. La consigne est: défaitisme révolutionnaire, non à la collaboration entre les classes, non à l'union patriotique, lutte contre les alliances entre pouvoirs bourgeois, contre toutes les interventions militaires et actions de police décidées par la classe dominante - même si elles étaient démocratiquement votées au parlement.

Nous appelons donc les prolétaires à dénoncer et combattre sans hésiter l'opération en cours de l'OTAN contre la Yougoslavie. Mais cela ne signifie en aucune façon soutenir la Yougoslavie, son Etat et son régime, qui, bien que faibles et peu développés, sont tout aussi bourgeois et réactionnaires que les agresseurs de l'OTAN:

Les prolétaires d'ici doivent être du côté des prolétaires yougoslaves, serbes, monténégrins, kosovars ou macédoniens. Ils doivent être du côté des prolétaires de tous les pays quelles que soient leur nationalité et leur origine ethnique, parce que ce n'est qu'en dépassant les divisions nationales et ethniques que le prolétariat peut se reconnaître et s'affirmer comme une seule et même classe internationale, capable de briser le cercle infernal de l'oppression et de la répression, des purifications ethniques et des guerres.

En surmontant les barrières de nationalité, de races ou de religion, les prolétaires se donneront la possibilité de mener la lutte de classe, c'est-à-dire la lutte organisée en défense de leurs intérêts propres contre le régime d'exploitation du travail salarié, contre le régime du profit, du marché, de la propriété privée, de la guerre généralisée de tous contre tous. Mais rester soumis au poison nationaliste, intoxiqués par l'opium démocratique, prisonniers de l'interclassisme, signifie au contraire rester pieds et poings liés à la bourgeoisie et à son Etat, condamnés à servir de masse de manœuvre et de chair à canon.

CONTRE L'INTERVENTION MILITAIRE DE L'IMPÉRIALISME OCCIDENTAL EN YOUGOSLAVIE, parce que nous sommes contre toute guerre bourgeoise et contre toute bourgeoisie en guerre!

CONTRE LA PARTICIPATION DE LA FRANCE AUX OPÉRATIONS MILITAIRES EN YOUGOSLAVIE, CONTRE SES INTERVENTIONS MILITAIRES EN AFRIQUE OU AILLEURS, parce qu il ne doit y avoir aucune complicité avec la bourgeoisie et son Etat!

CONTRE LA RÉPRESSION ANTI-ALBANAISE AU KOSOVO, parce que nous somme contre toute forme de racisme et de répression nationaliste!

CONTRE TOUTE FORME DE NATIONALISME, QU'IL SOIT SERBE, KOSOVAR, MONTÉNÉGRIN, ETC. OU FRANÇAIS, parce que le nationalisme provoque la division entre prolétaires pour le seul bénéfice des bourgeois et du capitalisme!

CONTRE TOUTE FORME DE COLLABORATIONNISME ET D'UNION INTERCLASSISTE ENTRE PROLÉTARIAT ET BOURGEOISIE, parce qu'elle empêche la lutte ouvrière !

CONTRE TOUTES LES ILLUSIONS DEMOCRATIQUES, PARLEMENTARISTES, PACIFISTES, HUMANITARISTES, parce qu'elles paralysent le prolétariat et le soumettent à l'ordre bourgeois!

POUR LA RÉORGANISATION CLASSISTE DU PROLÉTARIAT PAR DESSUS LES DIVISIONS NATIONALES, parce que ce n'est qu'en s'unissant en une seule classe internationale que les prolétaires du monde entier pourront vaincre le capitalisme !

POUR LA REPRISE DE LA LUTTE

DE CLASSE INTERNATIONALISTE

CONTRE LA GUERRE BOURGEOISE,

CONTRE TOUTES LES OPPRESSIONS

ÉCONOMIQUES, NATIONALES, RACIALES, POLITIQUES ET MILITAIRES !

POUR LA CONSTITUTION DU PARTI COMMUNISTE MONDIAL, organe dirigeant la classe ouvrière de tous les pays aussi bien dans la défense quotidienne contre l'exploitation et l'oppression, que dans la lutte révolutionnaire, le renversement des Etats bourgeois et l'instauration de la dictature internationale du prolétariat !

Source: Parti Communiste International 26/3/99 - Supplément au «Le Prolétaire» N° 448

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