Une manoeuvre du CCI
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UNE MANŒUVRE DU CCI
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Une manœuvre du CCI
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Une manœuvre du CCI
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Le Courant Communiste International (CCI) publie dans le dernier n° de son organe «Révolution Internationale» des lettres qu'il a adressées «aux groupes de la Gauche Communiste» en vue d'une action commune (1).

Arguant de la «gravité des enjeux», et malgré l'existence «au sein de la Gauche communiste des désaccords sur certains aspects de l'analyse que nous pouvons faire de tel ou tel aspect de la situation mondiale», le CCI appelait à une rencontre la plus rapide possible pour élaborer un
«
appel commun contre la guerre impérialiste, contre tous les mensonges de la bourgeoisie, contre toutes les campagnes du pacifisme et pour la perspective prolétarienne de renversement du capitalisme».
Le CCI plaçait sa proposition sous le haut patronage de Lénine:
«
en faisant cette proposition nous nous estimons fidèles à la politique menée par les internationalistes, et particulièrement par Lénine, lors des conférences de Zimmerwald et de Kienthal en 1915 et 1916» (lettre du 29/3).
Dans une lettre successive, il revenait à la charge, avec cet argument:
«
une prise de position commune de ces différents groupes [de la Gauche communiste - NdlR] constitue à nos yeux un moyen bien plus puissant que nos différentes publications pour dénoncer aux yeux des prolétaires tous les mensonges bourgeois et leur faire comprendre la responsabilité qui repose sur les épaules du prolétariat face à la boucherie impérialiste» (lettre du l 4/4).

Le CCI adressait cet appel à 4 groupes dont il a décidé qu'ils faisaient partie, avec lui, de la «Gauche communiste» ou de ce qu'il appelait autrefois le «camp prolétarien»: le BIPR («Bureau International pour le Parti Révolutionnaire», qui regroupe la «Communist Workers Organisation» britannique et «Battaglia Comunista»), «Programme Comunista», «Il Partito Comunista» et nous. Le caractère de manœuvre de cet appel peut déjà se constater au fait que le CCI en exclut tous les groupes issus d'une scission de ses rangs (qui pourrait croire que les divergences sont plus grandes entre eux et le CCI, qu'entre le CCI et nous?), sans parler d'autres.

Mais l'essentiel n'est pas là. La manœuvre consiste en ce que le fondement réel de cette initiative et son but ne résident pas dans les arguments mis en avant avec des trémolos dans la voix, mais dans l'idée, née de l'éclectisme du CCI, que le futur parti révolutionnaire naîtra de la fusion des groupes existants, le jour où ceux-ci auront surmonté leur «sectarisme» absurde. Le CCI met donc à profit les occasions qui se présentent pour esquisser des rapprochements, tenter des actions communes, proposer des appels communs, et pour clamer à tout vent que tous ces groupes ont les mêmes positions essentielles, font partie d'une même famille, déchirée pour l'heure par des malentendus ou des points de détail, mais inévitablement destinée à se réunifier.

Nous réfutons cette idée en bloc. Les divergences que nous avons avec le CCI ne sont pas secondaires, mais essentielles; ce sont les points centraux de ce qui constitue la doctrine marxiste qui nous séparent de lui: la question de l'État, la conception du parti, le rôle de la violence, la méthode matérialiste. Les positions du CCI sur tous ces points le placent en dehors des thèses marxistes orthodoxes, qui ont été soutenues de façon cohérente par notre courant, la Gauche communiste d'Italie. Les désaccords qui existent au sein de ce que le CCI, semant volontairement la confusion entre celle-ci et les courants semi-libertaires des gauches allemande et hollandaise, appelle faussement la «Gauche communiste», portent sur des questions qui seront demain décisives pour le sort de la révolution.

Atténuer la portée des désaccords, émousser les divergences programmatiques et politiques, dans le but d'obtenir un succès contingent immédiat - que ce soit pour augmenter la puissance de la propagande avec l'illusion que cela pourrait mettre les prolétaires en mouvement, ou pour obtenir on ne sait quel effet politique, cette attitude, qui serait d'une totale irresponsabilité par rapport aux tâches qui incombent aux révolutionnaires communistes, Engels l'appelait faire le commerce des principes. Aujourd'hui et demain, au risque d'être dénoncés comme des sectaires incurables par ceux pour qui l'action est tout et les principes et le programme ne sont rien, ou pas grand chose, nous combattrons cette attitude et dénoncerons ceux qui la proposent comme de dangereux adversaires de l 'indispensable et difficile travail de reconstitution du parti de classe.

Et nous sommes certains que c'est là la seule façon d'être réellement fidèle à l'exemple et aux enseignements de Lénine.

Notes:
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  1. cf. «Révolution Internationale» n° 291 (Juin 99). [back]

Source: «Le Prolétaire», N° 449, Mai-Juin-Juillet 1999

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